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L’alimentation

95% des consommateurs optent pour le bio pour préserver leur santé. 75% jugent son prix trop élevé. Et sa part de marché a augmenté de 25% en 3 ans depuis 2007. Le bio ne laisse personne indifférent et est sans conteste une solution. Quelles sont les raisons de cet engouement : la santé, l’environnement, la qualité ?

AB
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Bio vient de "biologique" et se place en opposition à "chimique". L’agriculture biologique exclut l’utilisation de produits chimiques, limite les quantités d’intrants et place le respect de l’environnement au coeur de ses pratiques.

Eurofeuille
Eurofeuille

Pour rendre sa spécificité plus visible et harmoniser ses pratiques agricoles, l’Agence Bio crée le cahier des charges de l’agriculture biologique et le logo AB correspondant en 1986. En 1991, il est soumis aux lois européennes. Enfin, depuis 2010, il est supplanté par l’Eurofeuille, qui labellise les produits respectant le cahier des charges européen.



Manger local, d’accord, mais pourquoi bio ?

Qu’en pensent les consommateurs ? Ils consomment bio à :

  • 95 % pour préserver leur santé
  • 94 % pour préserver l’environnement
  • 91 % pour être certain que les produits soient sains

Manger bio serait dont meilleur pour la santé.
Par définition, ce qui n’est pas bio a reçu des intrants chimiques, c’est-à-dire des pesticides  , fongicides, herbicides et autres produits azotés. Si à faible dose et pour des problèmes ponctuels ils sont reconnus utiles, ils deviennent dangereux et nocifs sur le long terme et peuvent conduire à :

  • l’augmentation des risques de cancer
  • la perturbation du développement du fœtus chez la femme enceinte
  • la baisse de la fertilité
  • l’affaiblissement des défenses immunitaires

Des résidus de pesticides sont présents dans de nombreux aliments provenant de l’agriculture conventionnelle. Les derniers chiffres de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) montrent une augmentation des seuils de contamination entre 2006 et 2007 : 52% des fruits et légumes testés en contiennent (contre 45% l’année précédente), et 7,6% dépassent les Limites Maximales de Résidus (contre 6% en 2006). Par ailleurs, de nombreuses études scientifiques affirmant que les résidus de pesticides ont un effet négligeable sur la santé ne tiennent pas compte de l’effet cocktail. La plupart des études sont réalisées sur un seul pesticide à la fois, alors que les composants chimiques interagissent entre eux, ce qui modifie ou décuple leurs effets.

La qualité nutritionnelle des aliments issus de l’agriculture biologique varie d’un nutriment à l’autre. Selon une étude de l’AFSSA (agence française de sécurité sanitaire des aliments), ces aliments offrent un meilleur équilibre en acides aminés, plus d’acides gras polyinsaturés, d’anti-oxydants, et d’oligoéléments (dans une moindre mesure, compte tenu de notre régime alimentaire moyen).

Manger bio contribuerait à la préservation de l’environnement.
L’empreinte écologique   d’une assiette se compose pour 20% du transport, les 80% restants sont dus à son mode de production. L’agriculture biologique ne répand pas de produits chimiques dans le sol, l’eau et l’air, qui participent à la pollution de ces milieux. Dans son rapport sur l’état des eaux souterraines en France, l’IFEN (l’institut français de l’environnement) observe que 96% des eaux de surfaces et 61% des eaux souterraines sont polluées par des résidus de pesticides, une pollution directement et uniquement liée à l’agriculture conventionnelle.

Bio, d’accord, mais le prix…

Sur un panier comparatif dans les grandes et moyennes surfaces, un panier de produits bio coûte 26 à 68% plus cher que le même panier composé de produits des marques nationales ou de distributeurs. Cette différence, très significative, est un frein à l’achat pour 75% des personnes interrogées dans le cadre d’un baromètre CSA 2008 pour l’agence bio. Une opinion qui gagne du terrain même au sein des consommateurs-acheteurs de produits biologiques, qui sont moins nombreux à trouver normal de payer plus cher : 48% en 2008 contre 56% en 2007.

Le prix plus élevé est donc lié au prix psychologique (c’est-à-dire au prix que le consommateur est prêt à payer) et suit la logique des prix affichés en grande distribution peu rémunérateurs pour les producteurs. Payer un produit biologique moins cher est possible en réduisant le nombre d’intermédiaires (achat en direct en AMAP   ou en marché de producteur) ou en s’assurant que le surplus revient à l’agriculteur dans un souci de commerce équitable (labels   bioéquitable et biosolidaire).

Bio, très bien, mais lequel ?

Il est possible de reconnaître les produits issus de l’agriculture grâce aux labels. Le logo AB est d’ailleurs connu par 85% des consommateurs. Depuis le 1er juillet 2010, un nouveau label européen fait son entrée : il s’agit de l’Eurofeuille. Ce nouveau cahier des charges a été créé dans un souci d’harmonisation des agricultures biologiques au niveau communautaire mais se révèle moins contraignant que notre AB national. Ce dernier ne disparaît pas, mais son cahier des charges est remplacé par l’européen.

Pour pallier ce qu’ils dénoncent comme un nivellement par le bas, les 2/3 des producteurs de bio français ont créé un nouveau label, Bio Cohérence, plus contraignant que l’ancien AB national, sur 60 critères, dont l’interdiction totale des OGM  , la conversion de toute l’exploitation agricole, la production de 50% de l’alimentation animale consommée. Il côtoie les autres labels privés, comme Demeter ou Nature & Progrès, présents et reconnus sur le marché.





Pour aller plus loin

Sites Internet

  • Maison de la consommation et de l’environnement : MCE
  • Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures, MDRGF, dossiers spéciaux sur les pesticides

Publications

  • Rapport, Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire, FAO

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