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L’alimentation

Alimentation et environnement

Notre alimentation et nos choix alimentaires ont un impact direct sur l’environnement, lié à la production de notre nourriture (agriculture et élevage), à sa transformation, son conditionnement, son transport, son stockage... Aujourd’hui, l’alimentation représente en moyenne 30 % des émissions de gaz à effet de serre (responsables du changement climatique) d’un Français.

Dans un contexte où les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines ne cessent d’augmenter, réduire la part produite par l’alimentation est un enjeu de grande importance. Par nos choix en matière d’alimentation, nous agissons indirectement sur l’environnement et sur les changements climatiques : à nous de privilégier une alimentation responsable qui préserve notre santé et notre environnement. Cela concerne le type d’aliments que nous achetons : une alimentation responsable cherche par exemple à diminuer les produits d’origine animale, émetteurs d’importantes quantités de gaz à effet de serre, et à privilégier les produits végétaux. Cela concerne aussi l’origine et le lieu d’achat de nos aliments : des produits locaux auront un plus faible impact environnemental que des produits importés qui ont parcouru des milliers de kilomètres.

Voici un exemple de quatre menus permettant de comprendre leur différent impact sur l’environnement, évalué en fonction de la quantité de gaz à effet de serre qu’ils émettent, avec l’unité de mesure « g/equCO², », soit gramme par équivalent CO² [1] :

L'impact CO2 de différents menus

L’agriculture française peut-elle nourrir les Français ?

La France est la première puissance agricole d’Europe, avec 18 % de la production agricole de l’Union Européenne. Au premier rang de ses productions figurent les céréales (blé, maïs principalement), les cultures fourragères et les oléagineux (colza, tournesol...). L’agriculture occupe plus de 50 % de la surface de la France métropolitaine. L’agriculture biologique, quand à elle, occupe seulement 3,7 % de la surface agricole utile, encore bien loin des objectifs fixés par le gouvernement (atteindre 20 % de la surface agricole utile en 2020).

En 2050, l’agriculture et la forêt devront nourrir en France 70 millions d’habitants, le bétail, fournir énergie et matériaux tout en préservant la fertilité des sols, la qualité des eaux, la biodiversité et le climat. Disposerons-nous des surfaces nécessaires pour satisfaire à tous ces besoins et contraintes ?

L’association Solagro, basée à Toulouse, qui cherche à ouvrir d’autres voies pour l’énergie et l’agriculture pour une gestion économe, solidaire et de long terme des ressources naturelles, a établi un scénario qui tente de répondre à cette question. C’est le scénario Afterres 2050, qui propose un arbitrage entre nos besoins et les possibilités de production de biomasse produite sur le territoire métropolitain. L’une des conclusions de ce scénario est que l’agriculture française peut répondre aux besoins des Français d’ici à l’horizon 2050, mais cela implique d’importants changements de nos paysages et de nos assiettes, par exemple :
- une ration alimentaire qui contient plus de céréales, de fruits et de légumes, et beaucoup moins de viande, de sucre et de produits laitiers,
- une forte réduction des effectifs des troupeaux,
- une utilisation différente des parcelles agricoles, qui délivreraient jusqu’à 6 productions (céréales, engrais verts, fruitiers, bois d’oeuvre...) - contre une aujourd’hui, et des sols qui ne seraient jamais nus.

Comparaison entre l’assiette classique et l’assiette 2050 (assiette éco-conso) d’après le scénario Afterres :

Notes

[1] extrait du document "Des gaz à effet de serre dans mon assiette" réalisé par le Réseau Action Climat - France