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La consommation courante

Faire le ménage ou une lessive, prendre une douche, s’habiller, meubler son logement ou acheter des fournitures de bureau ont des conséquences sur notre santé et notre environnement. Pour savoir avant d’agir, voici une liste non exhaustive des effets de nos actes quotidiens.

Pas moins de 100 000 substances chimiques ont été recensées en Europe par feu le bureau européen de la chimie. La Société américaine de la chimie, quant à elle, en dénombre plus de 56 millions dans le monde. Les échelles et les types de substances n’étant pas les mêmes, il est difficile de trancher sur le nombre exact de substances chimiques présentes dans notre environnement, retenons simplement qu’elles sont très nombreuses. Depuis 2007, le règlement européen REACH demande aux entreprises de l’industrie chimique d’enregistrer les substances chimiques mises sur le marché et d’évaluer leurs risques sur la santé et l’environnement. Une bonne nouvelle qui ne nous affranchit pas de bien lire les étiquettes de nos produits pour éviter de consommer des substances dangereuses.

Des risques du sol au plafond

Les produits d’entretien et cosmétiques

Les produits d’entretien et cosmétiques contiennent de nombreuses substances chimiques, parfois dangereuses : cancérigènes, perturbateurs endocriniens ou allergènes. Pour se protéger à la maison, voici un guide des produits ménagers.

Outre les effets sur la santé, certains produits d’entretien, après usage, impactent notre environnement. Ils sont rejetés dans les eaux usées : directement dans le milieu naturel (pour 2% de la population en 2004), vers une installation d’assainissement individuelle (fosse septique) ou collective (station d’épuration). Dans tous les cas, certains produits ne sont pas traités au vu de leur composition chimique avant d’être rejetés dans l’environnement. Il s’agit par exemple du formol et du phénol, présents dans les solvants.

Les produits d’entretien causant le plus de dégâts sont :

  • désinfectants comme l’eau de javel qui rompt l’équilibre biologique dans les cours d’eau
  • détartrants, difficilement biodégradables et fortement pollueurs
  • décapants pour le four
  • désodorisants qui polluent l’air ambiant
  • agents de blanchiment qui sont toxiques pour les plantes aquatiques
  • soude caustique qui tue les poissons par asphyxie

Etes-vous allergique à la lessive ?
Les lessives contiennent de nombreux allergènes, principalement dus aux parfums de synthèse. Optez donc pour des lessives peu parfumées, moins de 100 mg/kg, et pour les formats en poudre (les liquides contiennent plus de parfum).
« Testée sous contrôle dermatologique » ne signifie rien. En revanche la mention que le « formule hypoallergénique » indique que le produit a été testé pour limiter, mais totalement éliminer, les risques d’allergie. Ne pas surdoser permet de limiter les résidus de lessive sur votre linge et donc les allergies. De plus, le surdosage n’améliore en rien l’efficacité de votre lessive.

Et les phosphates dans tout ça ?

En 2007 la présence de phosphate a été interdite dans toutes les lessives car cela favorisait l’eutrophisation  . Pas étonnant avec 40kg par an et par ménage de lessive en poudre rejetée dans les eaux usées. Il est cependant encore accepté dans les autres produits d’entretien non labellisés... Les détergents très présents dans les lessives perturbent toute la faune et la flore du milieu aquatique. Les agents de blanchiment sont des oxydants puissants. Ce sont parfois des agents chlorés très irritants et polluants.

Nombre de ces substances entrent dans la composition des savons et shampoings

S’équiper consciencieusement

Choisir des vêtements qui n’irritent pas

Seulement 1% de nos vêtements mis sur le marché seraient dépourvus de toutes substances dangereuses selon le documentaire allemand "Poison : notre risque quotidien" d’Inge Altemeier et Reinhard Hornung. Des solvants pour la teinture, des substances chlorées, des fongicides contre les moisissures du cuir et bien d’autres produits sont utilisés dans la confection. Le résultat le plus visible ? le vêtement irrite la peau par exemple. Le plus dangereux ? les substances chimiques migrent alors peu à peu dans l’organisme.

Le DMFu, par exemple, est un fongicide utilisé dans des produits en cuir. Il se présente sous forme de cristaux dans les petits sachets blancs contre l’humidité et les moisissures. Selon l’AFSSET, son contact avec la peau provoque des démangeaisons et brûlures. Aujourd’hui interdit en Europe, il n’a pas complètement disparu des boîtes à chaussures que nous achetons. De plus, le cuir même s’il n’est plus en contact avec le DMFu dans nos frontières, il a souvent été avant son arrivée en magasin, lors de sa fabrication, ou de son transport.

Le lieu de fabrication d’un vêtement est également important, d’un point de vue social. Nombreux sont les ateliers de confection dans certains pays comme le Bangladesh, l’Inde, la Chine ou le Vietnam dans lesquels les situations sociales, salariales et sanitaires sont déplorables.

Les équipements en bois

La France est le 6ème importateur de bois illégal dans le monde, d’après le WWF. La déforestation est responsable de 20% des émissions de CO2. Mais, l’exploitation illégale du bois n’a pas que des conséquences écologiques. Elles sont aussi sociales. Les revenus de ce commerce peuvent profiter aux déplacements de certaines populations, aux crimes organisés, et aux guerres, en Afrique par exemple.

Le bois sert bien sûr à fabrication de nos meubles, mais aussi de nos fournitures de bureau et d’école.

Pour aller plus loin

Sites internet

  • REACH : réglementation européenne pour l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques produites ou importées en Europe

Publications

  • Guide cosmetox sur les produits cosmétiques toxiques et sains, Greenpeace

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