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Rénover

Avec l’augmentation du coût de l’énergie, la limitation de l’étalement urbain et l’obligation de reconstruire la ville sur la ville, de plus en plus de maîtres d’ouvrage sont tentés par un projet de rénovation.

Avant de se lancer dans des travaux de réhabilitation il est primordial d’effectuer un diagnostic de l’existant.

Rénovation d’une maison en isolation par l’extérieur
Rénovation d’une maison en isolation par l’extérieur

Le diagnostic

Le diagnostic porte sur l’état du bâtiment en général et doit comprendre :

  • un état des lieux du point de vue de l’architecture et de la structure.
    Cet état des lieux doit faire état de la structure du bâtiment et des possibilités offertes en terme de rénovation (possibilité ou pas, d’abattement de mur, de percement de fenêtre, d’ajout d’isolation ou de matériaux...) Un architecte, ou le cas échéant un bureau d’études structures, sont des professionnels compétents pour effectuer ce type de mission.
  • Un état des lieux de l’isolation et des systèmes de chauffage et production d’eau chaude sanitaire...
    ...et donc des futures consommations d’énergie. Ce peut être un diagnostic de performance énergétique ou DPE.

Le diagnostic de performance énergétique

En route vers la classe A !
En route vers la classe A !

Semblable à l’étiquette énergie des équipements électroménagers, de l’éclairage, ou des voitures, le diagnostic de performance énergétique « DPE » est le principal outil de sensibilisation mis en place par le législateur français.

Le diagnostic de performance énergétique signale de façon simple les meilleurs bâtiments comme les plus mauvais. Les recommandations d’amélioration, qui l’accompagnent, orientent les propriétaires et les gestionnaires de bâtiments sur les travaux à réaliser. Cette information sur les consommations énergétiques, les émissions de CO2 et le coût annuel exprimé en euro sont indiqués.

Lors de la vente d’un bien immobilier

Les promesses de ventes ou à défaut de promesse, les actes authentiques de ventes des bâtiments ou parties de bâtiments doivent être accompagnés d’un Diagnostic de Performance Énergétique. Il est à la charge du vendeur.

Lors de la construction d’un bâtiment / location d’un bien immobilier

Le maître d’ouvrage d’une construction doit faire établir un DPE au plus tard à la réception des travaux portant sur l’immeuble ou de la maison. Il le remet au propriétaire final s’il est distinct du maître d’ouvrage.

Ce diagnostic est-il suffisant pour se lancer dans une rénovation thermique ?
Rien ne s’y oppose et rien ne le garantit. Le DPE effectué à partir du moteur 3CL calcule les consommations de chauffage et d’ECS. Il est censé établir les consommations théoriques d’un logement sur la base de son mode constructif, de ses systèmes de production de chaleur. Il ne prend en aucun cas en compte le comportement, et pas forcément l’étanchéité à l’air réelle du bâtiment, le niveau d’isolation existant etc. Il établit la consommation conventionnelle du logement. Deux problèmes principaux sont associés au DPE :

  • Le logiciel réglementaire 3 CL prend très mal en compte le bâti ancien et les apports passifs
  • Dans l’immense masse de professionnel agrémenté pour réaliser des DPE, peu ont une formation initiale en thermique du bâtiment. Cela peut avoir un impact notamment sur la pertinence des propositions.
    Aussi, dans tous les cas et surtout si vous ne connaissez pas l’agence qui a effectué le DPE, l’Espace INFO->ÉNERGIE du Rhône vous conseille vivement de prendre rendez-vous avec nos conseillers ou de consulter directement un professionnel.

La réglementation thermique sur l’existant : RT ex

Alors que l’application de la première réglementation thermique en France date de 1974, il a fallu attendre la RT2005 pour que la réglementation s’applique aux bâtiments existants. Concrètement on est loin de la révolution en termes de rénovation énergétique du bâtiment mais le premier pas est fait. Encore une fois la réglementation servira (comme le dit le législateur lui même) de voiture balai plus que d’accélérateur vers la performance énergétique.

Néanmoins, imposer une réflexion sur la performance énergétique lors de la rénovation devrait permettre de favoriser les rénovations globales et performantes.

La RT Existant mode d’emploi

Deux cas de figure envisageables : la RT élément par élément et la RT globale.

Élément par élément :
(qui correspondra à la majorité des cas) Cela consiste à appliquer élément par élément une solution technique dont la performance se situera à minima au niveau garde fou de la RT 2005. Concrètement un maître d’ouvrage qui change une menuiserie et isole ses murs a pour obligation de poser une fenêtre dont la performance sera Uw ≤ 2,6 (soit un double vitrage de qualité très médiocre) et un isolant mural dont R ≥ 1,75 (soit 7 cm d’équivalent laine minérale). Autant dire que la réglementation sur l’existant élément par élément n’est que peu incitative en matière de performance énergétique, au regard de ce qu’il faut faire pour atteindre un niveau bâtiment performant. En effet il ne reste de toute façon que peu de menuiserie distribuée en France dont les performances sont inférieures à Uw = 2.6.

La RT Globale :
Beaucoup plus intéressante, elle considère le bâtiment dans son ensemble et impose de se rapprocher du niveau de la RT applicable au bâtiment neuf. À ce niveau là, il est certain que l’effort à fournir pour atteindre le niveau Bâtiment Basse consommation   n’est plus une barrière, ni technique, ni financière. Pour s’y retrouver et savoir .

RT 2005
RT 2005

Pour tout savoir en détail et connaitre quelle réglementation s’impose à chaque maître d’ouvrage, rendez vous sur le site officiel RT 2005

Comme pour les projets de construction, il est possible dès aujourd’hui de faire beaucoup mieux que ne l’impose la loi. Les solutions sont développées dans la rubrique bâtiment basse consommation.

Quelques écueils à éviter lors d’une réhabilitation thermique de logement

Agir dans le bon ordre

Avant d’investir dans des technologies pour produire de la chaleur il est primordial d’isoler afin de diminuer ses besoins de chauffage. Par ailleurs, changer son système de chauffage en premier et isoler en second conduira à rendre le système de chauffage obsolète car sera certainement sur dimensionné et peu adapté. Et si la chaudière lâche avant de réfléchir à l’isolation ? À ce moment là il est conseillé d’investir dans un système dimensionné pour les futurs besoins et de, temporairement, compléter avec un chauffage d’appoint.

Isolation, étanchéité et ventilation

En isolant un logement et en changeant les menuiseries, il sera nécessairement plus étanche. Il est primordial de penser à installer un système de ventilation afin de ne pas perturber l’équilibre hygro thermique du logement et d’éviter l’apparition de moisissure et d’humidité créant des dégâts dans la structure.

Isolation, Hygrométrie, point de rosée   et perspirance  

La vapeur d’eau contenue dans l’air peut naturellement circuler dans les matériaux et se transformer en eau au point de rosée. L’hiver, la vapeur d’eau circule plus facilement de l’intérieur vers l’extérieur, du chaud vers le froid. L’été, ce phénomène peut s’inverser dans un bâtiment maintenu au frais. Lorsque on isole, la perspirance de la paroi est modifiée, boulversant la circulation de la vapeur d’eau au sein de la paroi. Il convient donc de s’assurer que l’ajout d’un isolant ne va pas créer un point de rosée à l’intérieur du matériau. Ceci est particulièrement important dans des constructions utilisant des matériaux traditionnels (pierre, pisé etc.) ou dans les lieux fortement soumis à l’humidité et aux remontées capillaires. Voici la photo d’un mur en pisé sur lequel l’enduit ciment étanche n’adhère pas :

Défaut d’adhérence de l’enduit ciment sur le pisé
Défaut d’adhérence de l’enduit ciment sur le pisé

Sans entrer dans le détail deux procédés peuvent limiter voir supprimer ce phénomène :

  • l’isolation par l’extérieur
  • l’utilisation en isolant par l’intérieur d’un freine vapeur additionnel

Détruire le gisement d’économie d’énergie d’un bâtiment

"Détruire le gisement d’économies d’énergie d’un bâtiment" consiste à rénover un bâtiment en ne réduisant pas immédiatement sa consommation d’énergie au maximum. C’est une erreur pour trois raisons :

  • Économique :
    En particulier pour l’isolation, le coût des travaux porte essentiellement sur la main d’œuvre. Ainsi, le surcoût pour une rénovation basse consommation est négligeable en regard des économies d’énergies induites par des travaux performants. Une reprise des travaux quelques années plus tard ne sera plus difficilement rentable : un gain de performance réduit et un investissement restant important.
  • Législatif :
    La réglementation thermique va devenir de plus en plus restrictive, d’année en année, le niveau maximal de restriction sera atteint en 2030 au plus tard. Il ne paraît pas opportun de ne pas anticiper sur les prochaines réglementations puisque les règles du jeu sont d’ores et déjà connues et que les moyens techniques aujourd’hui sont disponibles.
  • Environnemental :
    La France s’est engagée à diviser d’un facteur 4 ses émissions de CO2 d’ici 2050. Le bâtiment représente un quart de ces émissions de CO2. Rénover l’ensemble des bâtiments pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de CO2 ne pourra se faire en plusieurs fois dans une période si courte.

Pour aller plus loin :

  • Document réalisé sur l’hygrométrie et l’isolation consultez le dossier dédié à ce sujet.
  • Pour les professionnels, il est possible d’utiliser des logiciel de Calcul réaliste du transfert transitoire de chaleur et de masse dans les composants de construction à plusieurs couches soumis à des conditions climatiques naturelles.