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Autres énergies

Conclusion de l’étude grain énergie réalisée pour la Chambre d’Agriculture du Rhône

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  • Tout d’abord, il est indispensable de reconnaître pleinement le grain énergie comme un bio-combustible. Son efficacité énergétique est à peu près équivalente à celle du granulé de bois et en fait bien une énergie renouvelable  , avec six fois plus d’énergie rendue lors de sa combustion que d’énergie fossile   consommée pour le produire.
graphique efficacite E grain
graphique efficacite E grain
  • Le bilan effet de serre est lui aussi intéressant : le grain énergie émet deux fois moins de gaz à effet de serre (GES  ) que le gaz naturel et près de trois fois moins que le fioul. Il reste cependant trois fois moins bon que les combustibles bois en raison du handicap lié aux émissions de protoxyde d’azote dues aux intrants. L’irrigation pourrait aussi dégrader ce bilan notamment pour le maïs, même si ce point n’a pu être que survolé.

Cet écart d’émissions de gaz à effet de serre n’est pas compensé par les différences de distances de transports. En effet, jusqu’à quelques centaines de kilomètres, les émissions des transports ne pèsent que marginalement dans le bilan en gaz à effet de serre des combustibles.

graphique CO2 E grain

Le grain énergie doit donc être reconnu comme un combustible avec un intérêt du point de vue de l’impact effet de serre. Ceci n’empêchera pas un nécessaire débat sur l’acceptabilité sociale du combustible et les conditions à mettre en œuvre pour s’assurer que les impacts écologiques (eau, phytosanitaires) sont bien gérés.

  • Le grain énergie est un combustible compétitif. Son cours de marché, sans tenir compte des aides PAC diverses, le place environ au même niveau que le granulé de bois, et en dessous du gaz naturel (tarif faibles consommations). Il ne pourra cependant que difficilement se positionner vis à vis du bois déchiqueté, deux à trois fois moins cher. Les bilans réalisés sur petites chaufferies montrent qu’il est rentable vis à vis du fioul, avec les systèmes d’aides actuels.
Coût chauffage grain particuliers
Coût chauffage grain particuliers
Coût chauffage grain tertiaire
Coût chauffage grain tertiaire
  • Il bénéficie d’atouts techniques vis à vis du bois déchiqueté : plus grande densité énergétique donc silo de stockage plus petit, ou livraisons moins fréquentes, et possibilité de soufflage lors de la livraison qui permet d’équiper des lieux moins accessibles.

Le grain énergie est un combustible avec un bon intérêt social. Il permettra le maintien de l’emploi local dans le contexte de la zone d’étude et le maintien d’une agriculture en milieu rurbain. C’est aussi une source de revenus différenciée qui crée une réelle valeur ajoutée pour les agriculteurs.

Le grain énergie doit donc être privilégié aux combustibles fossiles, et trouve tout son intérêt dans une filière courte, localisée sur le secteur de l’étude, le payes d’Ozon dans le sud est du département du Rhône.

Il conviendra de se référer aux études nationales de l’ADEME   et d’Arvalis annoncées pour 2006, et qui devraient fournir des données plus précises.

Quelques informations et pistes complémentaires :

  • Sur les aspects techniques, notamment sur la gestion des mâchefers et le caractère corrosif des fumées, des retours d’expérience seront prochainement disponibles et permettront de préciser les garanties nécessaires aux maîtres d’ouvrage. En attendant, il paraît nécessaire d’engager la garantie du fabricant de chaufferie.
  • Sur les aspects juridiques, l’obligation qu’a l’agriculteur de passer par un collecteur pour livrer la collectivité acheteuse, réduit l’intérêt pour l’agriculteur (cours nationaux) mais aussi pour la collectivité (complexité administrative, délais de livraisons, moins bon suivi de l’installation et impact social local moindre). Dans un premier temps, des dérogations ou des procédures simplifiées pourraient être étudiées dans le cas de collectivités intéressées. En raison du développement actuel de cette filière, ce point évoluera probablement dans les prochaines années. Ces conditions de vente à un tiers seront précisées par un travail de la Chambre d’Agriculture avec l’ONIC.
  • Sur l’aspect environnemental, la gestion des intrants azotés est le critère clé. Cette filière pourrait avoir encore un meilleur intérêt en intégrant des critères de culture durable (protection de la ressource en eau et limitation des intrants fertilisants). Les agriculteurs du GEDA de l’Ozon ont initié depuis de nombreuses années une telle démarche de limitation de leurs intrants. La différence avec les grandes cultures nationales est mesurable en termes d’émissions. Les agriculteurs du GEDA sont à même de garantir ces performances par des cahiers des charges spécifiques si le besoin est avéré.
  • Sur l’aspect local, le potentiel de production de grain énergie sur le département, estimé à 10% des productions céréalières totales, serait de l’ordre de 22.000 tonnes de grain soit le chauffage d’environ 4000 maisons. Cela couvrirait les besoins de chauffage d’environ 1% des habitants du Rhône, ce qui montre qu’il sera tout à fait possible de rester dans des circuits courts structurés par les agriculteurs.
  • Sur l’aspect économique, certaines installations se prêtent particulièrement bien au grain énergie :
    • Il s’agit d’installations utilisées assez fréquemment pour avoir des consommations de chauffage régulières.
    • D’autre part, dans certaines configurations de bâtiment, les contraintes architecturales privilégient le grain (silo réduit, accès camion distant du silo).
    • Ces chaufferies doivent avoir une puissance plutôt faible à moyenne (25 à 200 kW) pour ne pas subir trop fortement la concurrence du gaz naturel ou du bois déchiqueté.