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Solaire thermique

Adapté à la taille et aux besoins limités d’une famille, le principe du chauffe-eau solaire individuel peut être étendu à des consommations plus importantes d’eau chaude sanitaire. Voici un panorama des applications de l’eau chaude solaire collective et des éléments de pré-dimensionnement d’un projet.

Applications de l’eau chaude solaire collective

Des application pertinentes :

Certains secteurs se prêtent particulièrement bien à l’usage du chauffe eau solaire collectif. De petits systèmes similaires au chauffe-eau individuels s’avèrent particulièrement intéressants dans les gîtes ruraux, des bâtisses de 2 à 4 logements, les sanitaires de camping, les restaurants.On trouve également des systèmes plus importants et complexes dans les immeubles de logements, dans les maisons de retraite, hôpitaux, hôtels, gymnases, piscines, stades.

…et d’autres qui le sont moins

Les sites les plus pertinents pour la réalisation d’un chauffe-eau solaire collectif sont ceux dont les consommations d’eau chaude sont importantes et constantes durant l’année. Ainsi, il est généralement déconseillé de recourir à ce type de systèmes dans les immeubles de bureaux où les consommations d’eau chaude sont très faibles ou dans les établissement scolaires qui sont non occupés durant l’été.

HESPUL vous accompagne dans votre analyse d’opportunité qui pourra déterminer s’il est nécessaire de vous lancer dans un projet d’eau chaude solaire collectif.

Principe d’un chauffe-eau solaire collectif - Ademe
Principe d’un chauffe-eau solaire collectif
Ademe

Le pré-dimensionnement d’un projet

Une des principales règle à respecter pour assurer la pertinence technico-économique d’un projet est de ne pas sur-dimensionner la surface de panneaux solaires par rapports aux besoins.

Les besoins :

La première phase repose donc sur l’évaluation des besoins d’eau chaude sanitaire. Pour ce faire deux méthodes existent :

  • Dans l’existant : estimation à partir des relevé de consommations existantes
  • Dans le neuf : simulation à partir de ratios Dans ce dernier cas la valeur du ratio dépend bien entendu de la nature du projet :
TypologieConsommations
Logement 33 l à 55°C/jour/pers.
Camping 12 l à 55°C/jour ouvert/pers.
Hotel 4 saisons 78 l à 55°C/jour/pers

Exemples de ratios de consommation d’eau chaude. Source : ASDER

Le volume de stockage

Le volume de stockage est généralement déterminé pour avoir une autonomie d’une journée voire une journée et demi. S’il est sous-dimensionné le recours à l’appoint sera plus fréquent durant les périodes moins ensoleillées, s’il est sur-dimensionné, il sera plus difficile de monter en température, et les coûts seront plus importants.

La surface des capteurs

La surface de capteur dépend principalement de la taille du stock et des conditions d’ensoleillement du site. De manière générale en Rhône-Alpes, la surface retenue avoisine les 1m2 de capteur pour 50 litres de stockage. L’objectif de ce dimensionnement est d’atteindre un taux de couverture par l’énergie solaire compris entre 50 et 70 %. Plusieurs logiciels peuvent aider au bon dimensionnement du système : solo2000 (gratuit), simsol (gratuit), retscreen (gratuit), polysun, transol, T-sol.

Suivi d’une installation collective

Pour des projets collectif, il est de plus en plus recommandé obligatoire dans certains cas de réaliser un suivi de son installation. Pour les petites installations (<50 m2) l’INES (Institut National de l’Énergie Solaire) propose gratuitement aux maîtres d’ouvrage un télésuivi via internet pour les installations en région Rhône Alpes. Ce service, financé par l’ADEME   et la région permet aux maîtres d’ouvrages de vérifier mois par mois le bon fonctionnement de son installation et de détecter toute anomalie. Pour les installations moyennes (entre 25 et 50 m2) l’ADEME propose le dispositif X3A, permettant de réaliser une suivi plus complet de l’installation sur 3 ans. Pour plus d’information sur la mise en place du dispositif et son financement contacter l’ADEME de votre région, ou l’espace info-énergie de votre département. Pour les installations plus conséquentes (>50m2), il est obligatoire de procéder à un suivi de type GRS (Garantie de Résultats Solaires). La GRS engage les opérateurs d’une réalisation solaire thermique à assurer au client une production solaire annuelle pendant au moins trois ans. Les professionnels engagent par contrat leur responsabilité collectivement. Si les performances prévues ne sont pas atteintes, le groupe constitué du fabricant, de l’installateur, du bureau d’études et de l’exploitant, dédommage le maître d’ouvrage. Tecsol est un bureau d’études spécialisé dans la GRS.

Vers la généralisation du chauffe-eau solaire collectifs ?

Il n’y a à l’heure actuelle aucune contrainte légale imposant l’usage de chauffe-eau solaire collectif dans les logements. Pourtant, les objectifs de la France et de l’Europe en matière de développement des énergies renouvelables   à l’horizon 2020 laissent à penser que les techniques de chauffe-eau solaire tendront à ce généraliser dans les années à venir. Quelques initiatives à différentes échelles montrent qu’incitations ou contraintes ont permis de développer fortement le solaire thermique notamment en collectif.

En Europe

A Barcelone, depuis le 1er août 2000, un arrêté municipal impose la mise en place de chauffe-eau solaires sur tous les bâtiments collectifs construits ou rénovés à compter de cette date. Un acte fort qui marque la volonté politique de cette grande ville dans sa lutte contre la pollution. Depuis cette mesure s’est étendue sur l’ensemble du territoire espagnol.

En France

A l’heure actuelle, le solaire thermique collectif ne peut être rendu obligatoire que dans des zones spécifiques : ZAC, lotissements...

L’exemple de l’éco-quartier Lyon-Confluence initié début 2002 a montré qu’il était envisageable de généraliser le solaire thermique sur un quartier de plusieurs centaines de logement. Le règlement de zone impose en effet pour 3 îlots un taux de couverture minimum par les énergies renouvelables de 80%. Le solaire thermique s’est donc imposé comme une des solutions les plus pertinentes par les promoteurs retenus sur ce projet.

Le Grand Lyon incite également depuis 2006, à travers sont référentiel « Habitat durable », les promoteurs privés et les bailleurs sociaux à systématiquement intégrer du solaire thermique dans le programme de construction.

A court terme, avec l’apparition de la nouvelle réglementation thermique 2012 imposant des seuils de consommation inférieurs à 50 kWh/m2, il est probable que le solaire thermique devienne un élément incontournable de toute construction neuve.

Pour aller plus loin